mardi 28 août 2012

En pèlerinage de guérison


Pages du matin
Les lignes qui suivent sont un peu la suite de l'écriture de mes pages du matin. J'ai remplie mes trois pages en un tour de main, et j'ai l'impression que j'aurais pu en écrire au moins huit autres. Je ne sais pas trop par où commencer... La logique dicte que ce soit par le début, mais il se situe où?


Je pourrais évidemment commencer par parler de la grossesse de Fiston, et son accouchement. Je pense que j'en aurais pour très longtemps. Je me contenterai de l'essentiel : que j'étais un peu déprimée / abattue durant la grossesse, et j'ai refusé de me préparer adéquatement pour l'accouchement, parce que j'en avais peur. J'ai eu toutes les interventions que je ne voulais pas : infusion d'ocytocine (pour provoquer les contractions), péridurale, et pour couronner le tout, une césarienne. A suivi une période d'adaptation plutôt cahoteuse (pour ne pas dire chaotique), comprenant dépression post-partum / dépression moyenne, avec un diagnostique d'hypothyroïdie. Yeah! J'ai vécu les neuf premiers mois de vie de Fiston un peu sur les dents. C'est très... succins comme description, mais je garde pour plus tard cette partie de ma vie. Elle m'a beaucoup affecté, mais un peu moins que la portion travaille.

J'aurais peu à dire de l'ancienne compagnie pour laquelle je travaillais, sinon qu'au moment de célébrer mon premier anniversaire à son emploi, je commençais à mourir par en-dedans. Les raisons? J'ai existé trop fort. Je riais parfois trop fort. Je parlais trop. J'étais pas habituée à être dans un bureau. Je sortais tout juste de l'université, etc... J'ai été cassée, et je me suis dit qu'il valait mieux changé d'équipe. Entre temps, j'ai aussi fait une fausse couche. Ça contribue grandement à un moral d'enfer, et au maintient d'une humeur scandaleusement joyeuse! Dans la nouvelle équipe, ça allait plutôt bien. Bonne ambiance, travail relativement intéressant. Et soudain, paf!  Changement de patron (j'ai vraiment une chance incroyable... je pense que j'ai eu, dans la même année, 3 ½ patrons. ). À ce moment, j'ai été tenté par le poste vacant. J'ai songé sérieusement à appliquer,  mais à quoi bon postuler, si je dois quitter 6 mois plus tard pour un congé de maternité? Durant mon congé, j'ai tenté de me trouver un emploi plus près de chez moi. Sans trop de succès. Retour au travail. Changement de poste un peu après le retour. Nouveau chaos. En rafale : Chéri en arrêt de travail pendant un mois parce qu'il s'est cassé un orteil (et incapable de conduire, donc d'aller porter Fiston à la garderie), remplacement d'une collègue au travail qui est partie en congé de maladie (au départ pour trois semaines, mais j'ai appris par d'autres collègues que ça pourrait être plus long... Ce fut près de six semaines, je crois). En plus d'occuper mon propre poste, et un peu plus, parce qu'un des membre de l'équipe avait quitté. Combler le poste vacant fut long, et j'ai remplacé mon autre collègue jusqu'aux Fêtes. Au retour, je continue à occuper mon poste et demi, en plus,maintenant d'aider mon ancienne équipe, qui est débordé par la mise en place d'une nouvelle réglementation. Sans compter nos propres projets, et un manque de reconnaissance, qui a grandement contribué à alimenter une sorte de cynisme : à quoi bon en faire autant, si au fond, on est pris pour acquise, et que c'est même pas remarqué?

Le citron fût pressé, pendant plus de 6 mois, à 110 %. Je me suis contentée de faire une gastrite, histoire de vraiment (di)gérer tout ce stress. Et de continuer de mourir un peu plus...  J'avais découvert un peu plus tôt, par hasard, (Ah! voir que ça existe!) le site de super Susannah Conway, et son cours Unravelling. En même temps, j'ai retrouvé un carnet dans lequel j'écrivais au secondaire. J'ai été surprise (un peu négativement) de voir que ce que je pensais à ce moment n'était pas très différent de ce que je pensais, et de l'opinion que j'avais de moi à 15 ans. Douze années écoulées, et rien n'a changé mentalement? Ça m'a un peu, beaucoup énormément choquée. À ce moment là, j'ai pris la décision qu'à l'automne suivant, j'allais faire le cours Unravelling. Entre temps, j'ai continué à me chercher un autre emploi. Sans succès. J'ai passé, au fond, un peu plus de deux ans à tenter de me trouver un autre emploi...Je me suis aussi dit que j'allais profiter de cette période pour mettre cette infructueuse chasse sur la glace. J'allais prendre ces huit semaines pour MOI. Me (re)trouver, me soigner un peu, qui sait? Et on verra après. Peut-être que ça allait être plus facile d'écrire les $%?&*( lettres de présentation ?

Au terminus, avec une roue de vélo abandonnée
Je sais que c'est pas très joyeux tout ça, mais j'ai rarement vu quelqu'un en dépression l'air vraiment joyeux, et le coeur vivant, bondissant de bonheur et de foi dans l'existence...  Entre temps, avant de commencer mon cours, une amie a trouvé une série de romans pour ados qui m'a permis de me rappeler un intérêt que j'avais à l'adolescence. Avec Unravelling, j'ai commencé la résurrection de mon coeur. Je le sentais moins mort, mais pas encore en vie. À travers les ateliers et thèmes proposés, j'ai pris conscience, en prenant notamment des photos de mes pieds que je marchais exclusivement sur des surfaces dures : ciment, asphalte, plancher de bois... Ce qui m'a fait réaliser que le sol sur lequel je marche n'est peut être que le reflet de mon attitude face à moi-même : des sols durs, une dureté implacable envers moi-même, envers ce que je pense devoir être. Je me suis promis de tenter la clémence. 

Par la suite, j'ai fait Artist's Way, de Julia Cameron, avec des femmes rencontrées l'automne précédent. J'ai continué le cheminement. Je me suis trouvé un nouvel objectif de carrière. Je sais (enfin) ce que je veux faire de ma vie.J'adore tout à fait cette nouvelle direction, et j'ai vraiment hâte de la concrétiser davantage dans ma vie. À travers toute cette renaissance, j'ai pris conscience qu'une partie de moi est tout à fait malmenée, et c'est ma féminité (j'ai comme un frétillement de malaise en écrivant le mot). En prenant conscience de cet état, je me suis interrogée sur ce que représentait la féminité pour moi, et les images que ça évoquait en moi. J'ai été surprise du résultat. Disons que c'est pas toujours positif. Ajout à la liste de chose à travailler...

À travers tout ça, j'ai reçu des soins de Reiki de la part de mon papa, avant d'être initiée. Après le dernier traitement que j'ai reçu, j'ai pris conscience que ce n'était plus les mêmes sensations que j'avais lors de mes traitements. Au début, c'était agité, comme si l'énergie pouvait ENFIN circuler parce que les tensions et blocages s'enlevaient, que je pouvais prendre la place dans mon corps. Maintenant, c'est plus doux. Les tensions ne sont plus les mêmes, ou si faibles... C'est beaucoup plus... serein!

Tout ce chemin sinueux pour en arriver là : ce matin, en écrivant, j'ai réalisé la profondeur du non-amour que je me portais. Passé et actuel. En ce moment, les choses vont bien.  Je ne peux pas dire que je suis guérie, et que mon amour-propre est tout à fait magnifique. Je tente la clémence et la douceur face à moi-même et mes pensées auto-destructrices... Il y a des jours où je me sens abattue par la quantité de choses que je veux/devrais travailler, alors que mon univers s'élargit de façon exponentielle, mais que moi, je bouge à la vitesse d'un escargot (et encore!). Je ne peux pas dire que je suis, en ce moment, tel que je voudrais l'être (qui l'est?). Mais cette semaine, j'ai eu le sentiment d'avoir passé au travers un deuil. Celui de l'accouchement raté de Fiston. Depuis mars dernier, la douleur s'amenuise. Cette semaine, la boucle a été bouclé. J'ai tourné la page. La peine reste, mais elle est acceptée. (Je crois?) À coup de lecture et de larmes (pas du tout acceptées. Mais il fallait qu'elles sortent. Dieu ce que je déteste pleurer!). Et c'est ce qui m'a permis aussi de constater à quel point j'avais évolué. Je ne sais pas si je suis de retour au même point qu'à 15 ans... Je pense l'avoir dépassé... Mes perceptions de moi-même et de ce que je vis ont changées. En  bien.

Un point de coché sur la très longue liste de choses que j'aimerais changer/travailler... Ah la la!

Dans un jardin près de chez moi
J'ai mis trois ans pour en arriver là. La route est encore longue. J'ai le sentiment d'avoir fini une partie du désherbage de mon jardin intérieur. C'est un travail perpétuel... Au moins, maintenant, je peux voir les fleurs de mon, ou commencer à rêver à celles que je veux y voir. 

vendredi 10 août 2012

La Lecture, version Fiston

Tout d'abord, je tiens à m'excuser (presque) du silence des dernières semaines. Elles ont été assez... léthargiques. J'ai peu fait, sinon dormir, alors... Pas grand chose à dire/écrire. Même mes pages du matin en ont souffert. C'est donc tout récemment que l'idée pour ce billet m'est apparue (en me lamentant d'ailleurs que je n'avais rien à écrire pour le blog...).

Alors voilà, je vais vous entretenir un peu de la lecture, tel que vu par Fiston. (ou par Nous, ses parents, c'est selon). Je l'ai déjà dit, la lecture est très importante pour moi. Petit virus transmis par ma mère, qui  adore la littérature (surtout jeunesse, et son animation auprès des enfants). C'est pas tellement étonnant que mon frère et moi ayons grandi dans un univers de livres, et que Fiston ait attrapé la maladie familiale.


Voilà. On s'endort toujours mieux avec un livre...

Tous les guides de nouveaux parents, journaux, magazines, média de votre choix vantent la lecture auprès des enfants. C'est super tout ça, mais comment on fait ça, autre que faire la lecture à l'heure du dodo? C'est clair que lire à mon fils va augmenter son vocabulaire, et qu'il sera (est?) un super verbomoteur (exercice : trouvez un gamin de trois ans capable de reconnaître, identifier  et prononcer correctement : moissonneuse-batteuse). Et ça nous permet de développer un attachement émotionnel, bla bla bla... C'est bien beau vouloir qu'on développe les talents de lecteurs des enfants, mais concrètement, ça donne quoi?

Ça donne le livre de Dominique Demers, Au bonheur de lire. Je l'ai  lu Fiston avait même pas 6 mois, et j'avais déjà hâte de commencer à lui faire la lecture et appliquer les suggestions du livre. Dominique Demers nous suggère tout plein d'activités qui vise à familiariser les enfants avec l'univers des livres, et leurs milieux de vies.  Parmi les stratégies proposées, on parle d'une visite régulière à la librairie, pour savoir d'où proviennent les livres. Dans ma vie, ça donne à peu près ça : Nous, à la Librairie, avec Fiston. Libraire-amie, qui voit Fiston : "Mon dieu! Il est rendu grand, maintenant" (pour l'histoire, elle connait Axel depuis qu'il n'a que quelques mois et il avait trois ans tout frais!). Bon... Parfois ça donne aussi : "Pas encore la librairie!".

Il y a aussi la création d'un espace réservé au lecture de Fiston. La logique est la suivante : l'enfant ne sera pas tenter de lire s'il doit, à chaque fois, demander à quelqu'un de plus grand que lui d'aller chercher son livre. Au début, quand Fiston a commencé à lire, il n'avait pas encore d'espace à lui. Une maison et trois nouvelles étagères plus tard, il a sa propre tablette et une étagère dans sa chambre, pour accueillir les débordements. (Bonus sécurité: ça évite aussi qu'il vise les 10 autres tablettes avec nos livres.) En plus, ça augmente le sentiment de fierté de Fiston. La dernière fois qu'il a parlé au téléphone à Pépé, il lui a parler de sa bibliothèque, et de la bibliothèque municipale.


Avoir une tablette dédié à la lecture de Fiston, ce n'est pas tout. Il y a aussi... la Bibliothèque municipale, et ce merveilleux livre : Un Monstre dans ma soupe. C'est l'un des premiers livres que j'ai emprunté, et je le trouve franchement génial. C'est l'histoire de Gribouille, qui ne veut pas manger sa soupe aux légumes, parce que quand il la mélange, ça fait un gros monstre qui mange plein d'animaux. Et là, il se trouve transporté dans le monstre avec plein de petits amis animaux. Bref, une histoire plutôt chouette. C'est aussi ce livre qui a permis d'introduire le concept de bibliothèque auprès de Fiston.

Maintenant, il fait parti du club de lecture de la bibliothèque, et fait aussi la chasse aux monstres. Oui, les sections jeunesses des bibliothèques de Saint-Jean ont toutes des monstres. C'est pas toujours facile être une bibliothèque publique! Et Fiston était SUPER fier de montrer à son papa comment chasser des monstres.

Évidemment, le plus facile (selon moi) reste encore d'intégrer la lecture à la routine du dodo. Outre le fait que ça relaxe, c'est aussi à ce moment que Fiston 1er est le plus disposé à lire. Le reste du temps, il est occupé à jouer. Quoique... Parfois on a la surprise de se lever, la fin de semaine, et de constater que la tablette est à moitié vide. Biblio épurée pour le simple plaisir de la chose.


Mais je pense que le plus gros avantage à faire la lecture à son enfant, c'est qu'il peut nous lire ses livres après. (Possible dès trois ans, pour nous.) Et fiston aime lire (fiouf! tous ces efforts!). Par phase mono-maniaque, soit le même livre pendant un minimum de trois semaines. Ce qui fait que Fiston connait déjà par cœur quelques livres, dont Mon Amie la chenille, et parfois, dans un élan de générosité (ou tentative de repoussé l'heure du sommeil, à vous de voir), il accepte de nous le lire. Avec les intonations des chats, chiens  et vaches qui n'ont pas manger la chenille. Ce qui est tout à fait adorable.

 
Évidemment, si les parents ne font pas la lecture eux-mêmes... C'est peut-être moins facile! Et peut-être que l'attitude des parents influence l'âge à laquelle un enfant commence à lire... J'ai un ami pour qui un livre doit rester tout à fait propre, intact, et en super bon état. Moi, le premier livre manipuler par Fiston en a la moitié à la poubelle, une autre pleine de marques de dents, et des pages éparpillées dans la maison (et une autre partie dans la boîte à souvenir). Un livre, c'est comme un animal, en apparence inoffensif : il faut permettre à l'enfant de l'apprivoiser. Avec ses propres moyens (qui incluent souvent la bouche, en bas âge!).

P.S. Je viens de trouver ce tout nouveau blogue, sur le site de Naître et Grandir, et il est écrit par une libraire.